Derrière chacun de nos livres se cache un(e) auteur(e) passionné(e) qui a vécu ou vit actuellement dans le pays dont elle/il parle. Derrière chaque livre, il y a donc avant tout une rencontre entre un auteur et un pays, une nouvelle culture et un nouveau quotidien.

Aujourd’hui, nous vous proposons d’en apprendre un peu plus sur Elise Ducamp, auteure de Quelque chose de Corée du Sud. Arrivée au Pays des Matins frais en 2015, par une chaude journée de juillet, elle va comprendre rapidement ce que veut dire le mot « choc » dans l’expression « choc culturel ». De fil en aiguille, de rencontre en rencontre, elle va se découvrir une passion pour la culture coréenne et son âme si particulière. Nous lui avons demandé de répondre à quelques questions pour que vous puissiez apprendre à la connaître.

Peux-tu nous raconter un moment qui t’a particulièrement marqué en Corée ?

Il y en a plusieurs… Mais je pense que le plus parlant était le jour de mon arrivée à Séoul, en juillet. J’étais arrivée à Séoul Station. J’étais totalement perdue, fatiguée et en sueur (l’été en Corée est extrêmement chaud et humide) Alors que j’errais dans la gare à la recherche de ma ligne de métro, je suis arrivée en bas d’un  gigantesque escalier que j’étais supposée monter avec ma valise de 25 kg et mes deux sacs… Autant vous dire que j’ai eu un peu envie de pleurer… mais bon, pas le choix ! J’ai donc entamé l’ascension.

Au bout de 5 marches, une femme coréenne, une ajumma de 40-45 ans, de 10 cm et certainement 10 kg de moins que moi s’arrête et me prend la valise des mains. Et hop, elle commence à monter mes affaires sans rien dire. Je la suis en essayant de lui dire de ne pas faire ça, qu’elle va se faire mal, mais rien à faire, elle grimpe comme une flèche. Arrivée en haut, elle pose la valise, se tourne à peine vers moi pour faire un signe de la main et repart à vitesse grand V…

Sur le coup je me suis dit « voilà un moment marrant », mais maintenant, en y repensant rétrospectivement, je crois qu’il est extrêmement révélateur de ce qu’est la Corée et de ce que sont les Coréens. Pour moi, la Corée est comme cette dame qui grimpe 3 étages avec 25 kg sur les bras, sans se plaindre, pour aider une personne qui en a besoin, sans attendre de grands remerciements ou une compensation en retour, avec un côté peut-être un peu « bourru ». C’est un pays que les Français qualifient souvent de « dur », et il y a une part de vérité là-dedans, mais c’est aussi un pays extrêmement généreux et « vrai ».

Un adjectif pour qualifier la Corée ?

Bipolaire ! Mais disons dans le « bon sens » du terme. C’est un pays qui a deux visages : un premier ultra-moderne, à l’allure presque futuriste, à la pointe des nouvelles technologies et des tendances d’avant-garde puis un autre, très traditionnel, tourné vers le confucianisme, la famille et l’essence de la « coréannité ». Je pense qu’il est impossible de comprendre la Corée sans avoir conscience de ces deux visages, indissociables l’un de l’autre !

Une habitude coréenne qui peut surprendre ?

Là aussi il y en a pas mal… Mais avec le temps, on s’habitue à la plupart. Il y en a peut-être une à laquelle je ne me suis jamais vraiment faite : les vêtements de couple ! En Corée, quand vous êtes en couple, vous devez « le montrer » en portant les mêmes vêtements que votre moitié (voire les mêmes accessoires…).

Une habitude que tu as prise là-bas… et que tu continues à avoir en France ?

Enlever les chaussures quand je rentre chez quelqu’un. Chez moi, c’est devenu impensable de garder mes chaussures même si c’est pour faire un aller-retour dans la cuisine.

Une habitude qui te manque aujourd’hui ?

La manière de manger. En Corée, les plats sont placés au milieu de la table en commun, tout le monde mange « dans le même plat ». Il n’y a que le riz qui est servi individuellement. Je sais que certaines personnes sont rebutées par cet aspect… Alors que pour moi, c’est quelque chose qui me manque… Depuis que je suis rentrée en France, je trouve les repas moins conviviaux : chacun dans son assiette, c’est un peu triste.

Un mot fétiche en coréen ?

Aïgoo ! Ce n’est pas vraiment un mot, c’est une sorte d’interjection qui veut dire « mais qu’est-ce que tu racontes ? » ou « qu’est-ce que c’est que cette histoire encore ? » ou « mais arrête de dire n’importe quoi ! » On l’entend tout le temps en Corée. En fait, toutes les interjections coréennes me manquent un peu je crois : aïsh pour montrer l’exaspération ou la frustration, Yah pour montrer la colère, Omo pour montrer la surprise…

Ton endroit préféré à Séoul ?

Le marché de Gwangjang ! Des stands de nourriture à perte de vue, avec pratiquement toutes les spécialités coréennes. Si vous passez à Séoul, il faut y aller !

Et plus généralement, y a-t-il quelque chose qui te donne envie de voyager ?

Découvrir et comprendre une autre culture, ses normes, ses valeurs, le pourquoi du comment.

Quelque chose que tu emmènes toujours avec toi voyage ?

Mon frère ?! ahah.

Quelque chose que tu pourrais manger tous les jours ?

Cette question est beaucoup trop difficile… Du kimchi ? Du pain et du fromage ? Des bananes plantains ? Un sandwich kimchi / fromage / banane plantain ?

Un rêve de voyage ?

La Chine. Je voudrais visiter le Parc national de Zhangjiajie  et la province de Yuanyang avec ses rizières en terrasse.

Un endroit où tu rêve de retourner ?

Séoul. Encore et toujours.

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29 janvier 2018